La naissance de Packet-Radio...

Il y a bien longtemps que les hommes utilisent des signaux "digitaux"
pour communiquer à travers l'espace :
Monsieur Bambalawa avec un tam-tam, œil-de-Faucon avec des signaux de
fumée, ou monsieur Chappe avec son télégraphe à
bras, faisaient déjà de la transmission de données
digitales "sans fil" !
Le Packet-Radio ne fait que reprendre ces idées avec, bien sûr,
des solutions techniques plus modernes !
Notre PR actuel, dans
son principe, ne date pas d'hier. Il y a plus de vingt cinq ans, (1971)
un problème s'est posé à Hawaii :
L'université de cet état était composée de
plusieurs campus disséminés sur plusieurs îles, (7
campus dans 4 îles) qu'il n'était pas possible de relier
par des lignes "filaires", afin de transmettre des données informatiques.
Les Américains ont donc eu l'idée
d'utiliser les ondes radio pour remplacer
les fils ! Bien sûr, les difficultés classiques sont apparues
: quelques mots en moins dans une conversation ne dégradent pas
trop la compréhension d'un message, de même pour quelques
points ou traits perdus dans une communication en "morse", mais en informatique,
ce n'est plus le cas !
Si encore le contenu est un texte, un bit en trop ou en moins fera une
erreur d'un caractère, ce qui n'est pas encore catastrophique,
par contre, un programme téléchargé en "binaire"
ne fonctionnera pas !
Il fallait donc trouver une méthode permettant de supprimer les
erreurs, et cela au milieu des parasites et des risques de "collisions"
avec des émissions provenant d'autres stations...
La première expérience était basée sur un
emetteur-récepteur FM coté Terminal
et un autre au Centre de calcul.
Il y avait donc autant de d' E-R que de liaisons actives. Il n'y avait
pas de liens entre les terminaux eux-même, de ce fait les informations
reçues d'un terminal, étaient traitées par le Central
et réémises vers les "terminaux".
Ensuite deux fréquences ont été utilisées
: les liaisons du Central vers les stations sur 413.475 MHz et les liaisons
stations vers le Central sur 407.350 MHz (le
fulI duplex existait aussi... et en UHF ! ).
Il n'était pas prévu de transmissions inter-stations.
La vitesse était de 9600 bauds (pas mal !). L'utilisation
de deux canaux distincts avait d'importantes implications dans l'organisation
du système.
Après plusieurs années d'expérience, le groupe
de recherche en conclut qu'un simple canal aurait été
une bien meilleure idée (sic).
Dans le sens Stations vers Central, les utilisateurs étaient
en compétition pour obtenir l'accès à la ressource
partagée. Par contre, dans l'autre sens, c'est le Central qui
était complètement maître du contrôle et,
de ce fait, il n'y avait aucun risque de collision. L'idée de
base était de permettre un accès aléatoire au Central
par les stations. Ce système a été appelé
"ALOHA".
Il comprenait un site central équipé d'un mini-calculateur
(frontal) HP-2100 avec 32 Ko de mémoire (eh oui !) appelé
Menehune. connecté à l'émetteur-récepteur
radio.
Toutes les données en entrée et en sortie, passaient par
Menehune connecté à deux "gros" ordinateurs IBM 370 et
BCC-500 qui eux-mêmes, étaient reliés aux réseaux
PAC-NET et ARPANET.
Le système de contrôle utilisait, à l'origine. une
logique cablée. puis, plus tard, un microprocesseur INTEL 8080
a apporté plus de souplesse au système : (...
ce fût l'ancêtre du TNC-2 !)
Pour information :
Les paquets étaient divisés en quatre parties : Un en-tête
[header] de 32 bits contenait en fait le numéro d'identification
et la longueur du paquet. Le contrôle de la trame était
obtenu par une somme sur 16 bits. Ensuite venait l'information effective
(data) sur 80 octets, Soit 640 bits maximum. suivie également
d'une somme de contrôle sur 16 bits.
Les paquets les plus longs étaient donc de 704 bits. Les sommes
de contrôle étaient recalculées à la réception
et toute erreur nécessitait la retransmission du paquet, évidemment.
Quand un terminal a des données à transmettre, il les
envoie immédiatement. Quand le "frontal" reçoit une trame,
il répond par un accusé de réception. Si le terminal
ne reçoit pas cet ACK dans un temps déterminé,
il détruit la trame et effectue une ré-émission.
Nous pouvons remarquer que notre Packet-Radio
actuel n'est pas si éloigné de son ancêtre hawaiien,
vieux d'un quart de siècle !
Article rédigé en 1997.
...Retour à la page d'accueil
|